Fastes de cour et cérémonies royales. Le costume de cour en Europe 1650-1800
Cette exposition magnifique et exceptionnelle, qui se tient au Château de Versailles du 31 mars au 28 juin, a pour but de nous faire découvrir les costumes royaux qui rythmaient les grandes étapes dans la vie du souverain et de la reine, mais également les costumes de courtisans. La France ne possède pas en grand nombre des costumes de cour. En revanche la Suède, le Danemark et l’Allemagne ont conservé des fonds importants. Cette exposition est donc possible grâce aux prêts généreux de ces pays européens.

La grille du château
L’exposition est très riche tant par les différents types de costumes, leurs symboliques et les occasions multiples. Je vais évoqué ce qui m’a plus, m’a surpris et les découvertes que j’en retiens.

Manteau de couronnement de Georges III, vers 1760-1761
Tout d’abord l’exposition traite des costumes des cours européennes. En effet la France fait figure de pilier dans la représentation et les codes établies. De nombreuses royautés ont suivi ces étiquettes vestimentaires dès la fin du XVIIème siècle et tout au long du XVIIIème siècle. On retrouve donc dans les cours européennes le même type de vêtement symbolique pour une occasion particulière, comme c’est le cas du manteau de sacrement. Celui présent dans l’exposition fut porté par le roi George III d’Angleterre, le 22 septembre 1761. Il est composé du manteau en velours rouge, de la cape en hermine et prolongé par une longue traîne. J’ai été surprise par la longueur d’une telle traîne. Le costume est merveilleusement conservé, et grâce aux tableaux qui lui font pendant, on imagine la magnificence du couronnement.

Habits de couronnement de Gustave III de Suède avec Sophie Madeleine de Suède pour leur couronnement, le 29 mai 1772.
L’exposition montre également la richesse déployée dans les tissus comme c’est le cas lors de la cérémonie de mariage. Les princes et les souverains portaient généralement un habit à la française et un manteau en étoffe d’or et leurs épouses revêtaient le « grand habit » (il est composé du grand corps baleiné et d’une jupe posée sur un grand panier) en étoffe d’argent. On atteint là le paroxysme du luxe et du paraître. Je suis restée en admiration encore une fois devant la longueur de la traîne ou « queue » amovible fixée à la jupe par des agrafes. Cette robe est magnifique tant par sa forme et la largeur du panier que par le tissu et les broderies qui l’agrémentent.

Robe de mariage (grand habit) d'Edwige Élisabeth Charlotte de Holstein-Gottorp, 1774, Stockholm
Mais la vie de cour ne se résume pas seulement aux cérémonies prestigieuses, il est donc intéressant de voir le costume du roi et du courtisan dans une journée « quotidienne » puis-je dire. Ils portaient surtout l’habit « à la française » composé d’un habit, d’une veste ou d’un gilet et d’une culotte. Les courtisans revêtaient l’habit de chasse lorsqu’ils étaient présentés au roi lors des grandes journées de chasse à courre. D’ailleurs à la fin de ces journées si un homme était invité à rentrer dans l’un des carrosses royaux il était considéré comme un homme de la cour.

Habit à la française de grand-duc Alexandre Pavlovitch, futur Alexandre 1er de Russie, 1796, Saint Pétersbourg

Devant de corsage en diamants et perles, vers 1710-1720
Les femmes de la cour quant à elles portaient le grand habit lorsqu’elles étaient présentées à la reine. Petit détail de l’étiquette, le grand habit devait être de couleur noir et or, orné de nombreux accessoires lors de cette journée de présentation. Le plus souvent les diamants que ces femmes arboraient étaient prêtés par la reine elle-même!

Mantua de cour (à droite), 1755-1760, Londres, Victoria and Albert Museum, et "Robe russe" à gauche prônée par Catherine II de Russie
Mais l’hégémonie de la mode française n’est pas totale. En effet à partir de la moitié du XVIIIème siècle émerge une mode nationale dans les cours européennes. Tel l’exemple de la mantua portée en Angleterre et aux Pays-Bas par les femmes de la cour. Elles n’étaient pas autorisées à porter le Grand habit, seule la reine et les membres de la famille royale le pouvait. On voit là un symbole politique fort. Cette forme de robe n’a jamais existé dans le vestiaire français.

Robe parée et jupe, Canada Toronto royal ontario museum
Enfin l’exposition se termine par la diffusion de la mode parisienne dans les cours européennes et par la diversification des formes des robes des femmes à la cour au XVIIIème siècle. Elles portent des robes citadines plus ordinaires telles que les robes parées, très à la mode dans les années 1780-1785.
Il y a encore beaucoup à découvrir dans cette exposition tant dans les costumes, les accessoires, les bijoux et les tableaux qui scandent les différentes salles.
J’espère que cela vous a donné envie d’aller à la conquête du château:)
Pour info, l’exposition se déroule du 31 mars au 28 juin dans les salles d’Afrique et de Crimée, ouvertes tous les jours sauf le lundi de 9h à 18h30. Bonne visite.
Source des images : manteau de couronnement, lepoint.com, habits de couronnement, lefigaro.fr, robe de mariage, europe1.fr, habit à la française, le petit journal, diamants, le petit journal, mantua, lefigaro.fr, robe parée, artactu.com

