Isadora Duncan et la danse libre
J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’une artiste qui a révolutionné la danse moderne et le rapport au corps au début du XXème siècle : Isadora Duncan.
D’origine américaine, née à San Francisco en 1878, elle arrive à l’âge de 24 ans à Paris et explore la danse et son corps en dehors du modèle classique. Pour cela, elle troque le tutu, le collant et les pointes de la danseuse pour une tunique légère, qui dévoile les lignes de son corps et ses pieds nus. Elle se rapproche du modèle grec antique. D’ailleurs Isadora Duncan a beaucoup étudié les vases grecs à figures noires et à figures rouges, qui exprimaient les mouvements du corps selon elle.
Isadora Duncan, avec la danse libre, se place dans une tendance qui interroge le corps différemment. Il n’est plus perçu de la même façon, on voit évoluer son image pour aboutir à une vision libérée. En effet, à l’époque où Isadora commence à avoir du succès (en 1909), la société ne met pas en avant le corps. Ce dernier est enserré dans un corset et dans un carcan moral long de plusieurs siècles, en particulier chez la femme. Celle-ci ne peut décemment pas montrer ses membres en public (c’est-à-dire ses bras et ses jambes). Ils sont cachés sous une multitude de jupons et d’étoffes, eut égard à la bienséance bourgeoise.
Ainsi en étant libre de ses mouvements, sans contrainte artificielle, elle peut à loisir écouter son corps et comprendre les mécanismes, les liens qui unissent une suite de mouvements. Elle recherche des gestes simples, tels que la marche ou le bond, mais en accentuant sensiblement les gestes pour obtenir un mouvement pur, total et gracieux : « en bondissant les genoux ployés, on sent le mouvement continu; il y a dans le mouvement un élément éternel, et cela suit la ligne onduleuse des grands rythmes de la nature sur lesquels j’ai basé tous les mouvements de la Danse ».1
Cette citation résume bien les concepts mis en place par Isadora : se rapprocher le plus possible de la nature, interroger son corps pour le ramener à des mouvements libres et authentiques. Elle développe la notion de nature en travaillant sur la forme courbe du corps, métamorphose de la vague, une des formes organiques par excellence. Elle souhaite amener le corps à une forme d’art en exprimant son âme, ses émotions.
Cette expression de l’âme passe aussi dans le choix de la musique. La danse classique utilisait des rythmes dansants. En revanche Isadora préfère une musique symphonique plus suggestive, qui pour elle a su interroger davantage le corps et ses mouvements. Elle est ainsi la première à danser sur Bach, Chopin, Beethoven et Gluck car ils étaient « à peu près les seuls qui aient compris et qui aient suivi le rythme du corps humain ».
A travers toutes ces notions qu’elle a su mettre en scène et faire connaître à un large public, que ce soit à Paris, Londres ou Moscou, Isadora Duncan a révolutionné la danse classique et conventionnelle, en transgressant toutes les règles, pour accomplir un art dansant novateur, moderne, qui est le symbole de l’émancipation du corps et de l’esprit en germe au début du XXème siècle.
Source des images: photo Isadora, Tiaras, Vase grec, Envrak, Mode 1900, Garçonnette, Photo saut, les signets, La mer, La Danse, Isadora et ses élèves, Bridgeman
1 In H. Pinet, Ornement de la Durée, Musée Rodin, 1987








6 octobre 2011 à 13:03
Bonjour,
Je suis à la recherche de photos de femmes 1900 libres de droits, pour un couverture de livre.
La Silhouett en S, autour de 1900 ci-dessus, EST-ELLE LIBRE DE DROITS ?
Merci de votre aimable réponse.
Cordialement,
C. Lamoureux – Auteur
6 octobre 2011 à 13:04
Merci.