La crinoline: un accessoire critiqué

Puisque le sujet de la crinoline est à la mode, je voulais revenir sur les différents points de vue qu’elle a suscité lors de son apogée mais aussi à notre époque.

Lorsque je suis allée voir l’exposition à Galliera, j’ai pu voir quelques illustrations d’Honoré Daumier caricaturant cet accessoire contre-nature qui donnait à la silhouette féminine un aspect de « sablier ». J’ai donc souhaité vous montrer quelques images de l’époque où la crinoline et la mode féminine sont gentiment critiquées.

Anonyme, Gravure satirique sur la crinoline, 1864

Anonyme, Gravure satirique sur la crinoline, 1864

Cette première illustration se trouve à la Bibliothèque des Arts Décoratifs. On découvre quatre scénettes où l’auteur singe la vie quotidienne d’une femme. On agrandit le chambranle de la porte pour la laisser passer, un policier vérifie qu’elle ne cache rien sous sa jupe, elle est prise dans ses cerceaux à cause du vent et enfin la crinoline lui sert d’alibi pour cacher des victuailles! Ces caricatures montrent d’une part l’humour qui se dégage de ces silhouettes extravagantes, tant par leur dimension que par leur inconfort; mais elles permettent aussi de révéler la superficialité des tenues de l’époque. Cette série prouve le rire qu’éveillaient les femmes à cette époque.

Honoré Daumier, La femme en crinoline, 1856

Honoré Daumier, La femme en crinoline, 1856

Dans cette lithographie Daumier se moque ouvertement de cette mode extravagante où la taille de la crinoline est exagérée. L’homme n’arrive plus à tenir le bras de sa compagne. Il tente de garder un certain standing avec son chapeau haut-de-forme mais sa canne ne lui sert plus à rien, il est trop penché. Son visage triste témoigne de la gêne subie, il est la risée des passants!

Ces deux images prouvent la critique qui s’est exercée durant le règne de la crinoline, les femmes n’y prêtaient pas attention, elles laissaient dire et continuaient à marcher fièrement dans les rues.

Jana Sterbak, Remote Control, 1989, Museu d'Art contemporani, Barcelone

Jana Sterbak, Remote Control, 1989, Museu d'Art contemporàni, Barcelone

Mais cet aspect de la femme entravée dans ses vêtements est tout de même resté dans les esprits et c’est Jana Sterbak avec Remote Control en 1989 qui s’inspire de la crinoline pour évoquer le carcan de la mode féminine. Cette artiste, d’origine tchèque née en 1955, a construit deux structures mécanisées calquées, en plus grand, sur la forme des crinolines. Une fois installée au milieu de la crinoline, suspendue au-dessus du sol, elle se déplace à l’aide d’une télécommande qui lui permet de glisser dans la pièce. Mais, avec la télécommande entre les mains, elle n’est pas maîtresse de ses mouvements, qui restent déterminés par la machine. Cette œuvre est une critique de la représentation de la « féminité ».

Merci à Gwenaël et Yann pour le livre Art et Féminisme qui m’a donné l’idée de cet article, un chouette cadeau :)

Art et Féminisme, Helena Reckitt et Peggy Phelan, Phaidon, 2005.

Art et Féminisme, Helena Reckitt et Peggy Phelan, Phaidon, 2005.

Art et Féminisme, conçu par Helena Reckitt, essaie de Peggy Phelan, édition Phaidon, Paris, 2005 (édition française).

Laisser un message

coffret-a-bijoux Visitez le coffret à bijoux !

Recevoir automatiquement les nouveaux articles