La vogue du Charleston
Le Charleston domine toutes les autres danses à partir de 1925-1926, et constitue une révolution par le rythme endiablé, mais également par la chorégraphie. Les danseurs sont en face l’un de l’autre, ou l’un derrière l’autre, mais leurs corps ne sont pas enlacés. C’est une des premières danses en duo, où les corps sont indépendants l’un de l’autre.
Les danseurs exécutent les mêmes mouvements, comme on peut le voir sur la photographie de Hulton Getty, intitulée Tony Stone (1925), mais ils ont la liberté d’amplifier certains gestes sans pour autant gêner le partenaire. Cette photographie est magnifique dans la représentation des corps en mouvement, dans leur liberté et leur joie intacte. Ces deux danseurs profitent pleinement de la musique qu’ils sont en train d’entendre, ils laissent exprimer leur corps, comme jamais on ne l’avait vu auparavant. Les bras créent des figures nouvelles, tandis que les jambes se soulèvent pour scander le rythme.
Cette photographie prise sur le vif nous renseigne sur la mode de l’époque. La femme porte une robe s’arrêtant au niveau du genou, le bas de la robe est volanté pour amplifier les mouvements du corps. À cette période, les robes se parent de sequins et de franges qui bougent au rythme de la danse. De plus cette coupe facilite les mouvements, la femme peut gesticuler, écarter les jambes lorsqu’elle danse. Elle est totalement libre et sa coiffure à la « Garçonne » en complète le style. On voit ici le stéréotype même de la femme émancipée qui s’amuse et profite de la vie.
Quant au costume masculin, il a peu changé. Il porte un veston cintré qui rajeunit sa silhouette. Le bas de son pantalon s’est élargi, il se termine par un revers qui flotte autour de la cheville dans l’agitation de la danse. Ses cheveux sont gominés et plaqués en arrière. La mode masculine perd son caractère engoncé, l’homme se libère tout comme sa compagne pendant ces Années Folles.
Sources des images: Hulton Getty, in La Mode au siècle des créateurs, Robe du soir bleue, Met Museum.



