L’Orient des Femmes vu par Christian Lacroix
Il y peu de temps, je vous évoquais l’exposition qui se déroule au Quai Branly, voici un petit compte-rendu après cette belle visite.
Christian Lacroix a participé à la scénographie de l’exposition tout en travaillant en étroite collaboration avec Hanna Al Banna-Chidiac, commissaire de l’exposition et responsable des collections « Afrique du Nord et Proche Orient » au musée du Quai Branly. La mezzanine est plongée dans une douce lumière, au sol la reproduction d’un détail de broderies qui fait songer à un tapis, tout autour des robes, des manteaux et des parures en suspension qui nous transportent dans le costume traditionnel des femmes d’Orient. Les costumes exposés datent du XIXème et XXème siècles.
L’exposition est découpée suivant les régions et les pays. Bien que la coupe en T soit caractéristique des robes des adultes et des enfants au Proche Orient depuis l’époque Abasside (750-1258), on découvre des particularités pour chaque pays.
Le costume séculaire des femmes syriennes est composé d’un pantalon ample, le seroual, et d’un manteau long, le caftan. Le manteau ou la robe est le plus souvent noir ou bleu nuit et agrémenté de magnifiques broderies aux coloris éclatants. Les broderies rouges sont privilégiées car elles rendraient fécondes, protègeraient et enrichiraient celles qui le portent. Les manteaux des régions de Hama et de Damas ont des manches longues, qui se terminent en pointe et que les femmes enroulent autour de leurs poignets et de leurs bras.
En Jordanie, les costumes traditionnels ont des caractéristiques bien différentes suivant les régions. Au nord de la Jordanie, les femmes portent de longues robes de satin noir décorées de broderies chatoyantes et raffinées. Sur leur tête, les femmes mariées portent leur dot, sous forme d’une parure en argent prolongé dans le dos par une traîne.
Sur le plateau transjordanien, on découvre des robes étonnantes et gigantesques, qui peuvent atteindre jusqu’à 3,50m de haut. On les appelles les khalaqa. Les femmes portent la robe ceinturée et rabattue en une double jupe. Cela sert à la fois de jupon et de réceptacle pour les objets. Les manches extrêmement longues, quant à elles, servent de voile, que les femmes retiennent par un bandeau. La plupart du temps, le bas de la robe et les manche sont teintées avec de l’indigo, qui a une valeur prophylactique.
Dans le sud de la Jordanie, dans la région de Ma’an, les robes sont en soie de couleurs vives. La tête est ceinte d’un bandeau couvert de pièces d’argent cousues très serrées. Une des deux manches, la plus large, est ramenée sur la tête en guise de voile.
Enfin les femmes bédouines portent un costume sobre composé d’une large tunique bleue avec de longues manches. Les femmes se voilent le visage d’une parure originale sur laquelle elles cousent toute leur richesse : pièces en argent, perles d’ambre, de cornaline ou d’agate, coquillages, etc. Sur leur tête elles posent une mante noire brodée qui couvrent leur coiffure chargées d’amulettes. Le voile dissimule souvent la bouche et le nez pour protéger les voies respiratoires des sables brûlants en été et des vents glacés en hiver.
À travers cette exposition j’ai pu découvrir la richesse et l’art subtil de la broderie, qui se transmet de mère en filles depuis des générations dans le Proche Orient. La scénographie est bien conçue pour qu’on les admire, sans qu’il n’y ait une surcharge visuelle. Des photographies anciennes ponctuent l’exposition et donnent à ces tenues une valeur intemporelle. L’exposition met en avant la richesse des coloris et le mystère des femmes qui ont inspiré bon nombre d’écrivains, de peintres et d’artistes occidentaux dès le début du XIXème siècle.
Sources des images: présentation robes, flick r, costume syrien, flick r, manches Hama, Alvinet, Khalaqa, flick r, costume sud Jordanie, flick r, voile bédouin et photo d’une bédouine, musée du Quai Branly,









7 juin 2011 à 5:30
Des photographies anciennes ponctuent l’exposition et donnent à ces tenues une valeur intemporelle. L’exposition met en avant la richesse des coloris et le mystère des femmes qui ont inspiré bon nombre d’écrivains,