Mariano Fortuny
Mariano Fortuny (1871-1949) est né à Grenade dans une famille d’artistes. Il était espagnol d’origine mais vécut la plus grande partie de sa vie à Venise. Mariano était un peintre mais surtout un autodidacte qui se passionna pour la photographie, la soierie et la couture. En collaboration avec sa femme Henriette, il mit au point dès 1906, la création et la production de vêtements.

Robe "Delphos", 1910
En 1907 il conçut une de ses plus célèbres créations: la robe « Delphos ». Inspiré par la Grèce antique et ses statues, il met au point une robe en soie plissée, retenue aux épaules, glissant le long du corps pour révéler les formes naturelles de la physionomie féminine. La robe était conçue d’une seule pièce. Pour l’assembler, il utilisait des perles de verre qu’il plaçait aux emmanchures et tout au long des coutures latérales. Ce détail ajoute un aspect luxueux et raffiné à la créations, mais les perles servaient également de lest pour parfaire le tombé du tissu.

Détail d'une robe "Delphos", 1910
La robe « Delphos » est une œuvre artistique dans la conception de sa pigmentation. Fortuny et sa femme teignent de la soie grège avec des produits naturels pour obtenir des nuances délicates. Les tissus sont conçus comme des peintures. La soie reçoit plusieurs couches successives pour créer un effet de lumière et de transparence. Mariano imprime et retouche le tissu à l’aide d’un pinceau. Il crée des textures et des accords picturaux qui ne se répètent jamais.

Ensemble de robes "Delphos"
Dans sa robe « Delphos » il n’y a pas d’accessoires superflus ni d’artifices. Ses vêtements répondent à sa conception originale: sublimer le corps de la femme sans le contraindre. La femme est libre de ses mouvements.

Velours bleu-vert avec impressions dorées au pochoir, 1930
Les créations de Fortuny sont à la fois singulières et révolutionnaires. Il a réussi à créer un vêtement intemporel puisque les tissus et les vêtements ne varient pas dans leur forme. Sa robe est une variation subtile qu’il reprend pendant quarante ans. C’est un vêtement esthétique, Fortuny crée une mode qui ne change pas, il se place à l’écart des modes.

Natasha Rambova portant une robe "Delphos", 1924
Les femmes ne s’y sont pas trompées, elles ont vite vu l’élégance de ses robes, leur confort et leur beauté. À l’origine elles les portaient comme robes d’intérieur pour ne pas choquer la bienséance. Elles pouvaient apprécier le contact du tissu sur leur peau et déambuler dans leur salon en profitant de cette liberté de mouvement.
À noter qu’une robe « Delphos » est visible dans l’exposition permanente de Victoria&Albert Museum à Londres dans le département Histoire du costume. Je vous donne les liens du site officiel du Musée Fortuny qui se trouve à Venise au Palazzo Pesaro degli Orfei et le site officiel Mariano Fortuny. Bonne lecture


21 février 2009 à 0:46
WAOU… Je trouve ces robes élégantes et les couleurs splendides. On a l’impression de regarder des tableaux -Ensemble de robes « Delphos »-
Bonne soirée
(edit) voilà le commentaire le plus inutile de ton blog
21 février 2009 à 13:37
Bonjour Alex,
Si ton commentaire a été utile car je me suis rendue compte que si les gens voulaient en savoir plus sur l’œuvre de Mariano Fortuny, je n’avais même pas donné les liens des sites qui en parlaient… Pas géniale la blogeuse!
Bon week-end à toi et merci pour tous tes commentaires
21 février 2009 à 18:19
Coucou, merci pour cette article…! Les couleurs de la soie plissée sont très belles, j’aime beaucoup! Quelle découverte!
Bon week-end!
M.
p.s: il y a un petit jeu/concours sur mon blog en ce moment si tu souhaites y participer!
22 février 2009 à 13:44
Et je viens de t’ajouter à mon blogroll..! Bon dimanche!
23 février 2009 à 11:03
Merci chère Mademoiselle.
J’en suis enchantée. Je viens de t’ajouter également.
Bonne semaine
23 février 2009 à 12:41
Ces robes donnent une ligne très élancée de la femme. Très beau !
23 février 2009 à 13:28
Merci Nicolas, ce qui est intéressant c’est que ces robes ont été crées à partir du début du XXème siècle, à l’époque les femmes portaient encore des corsets droit devant. C’est véritablement une révolution dans la conception de la silhouette féminine. C’est pour cela que les créations de Mariano Fortuny sont intemporelles, elles sublimeraient les courbes des femmes de maintenant.
À bientôt
25 février 2009 à 11:47
pour moi le summum de la haute couture
Beau et confortable !
J’en mettrais bien une !
Bises.
30 décembre 2010 à 11:37
La « façon » de ces tissus ressemble à une technique japonaise de teinture Le Shibori, c’est vraiment magnifique. Mys
2 janvier 2011 à 14:13
Je ne connaissais pas cette technique du Shibori, mais ça m’intéresse car je pars cette année au Japon. J’ai pu voir de près les robes de Mariano Fortuny au musée qui lui est dédié à Venise, et c’est vraiment un travail magnifique et délicat.