Paul Poiret

Ce n’est plus la peine de présenter Paul Poiret, vous pouvez songer à juste titre, alors pourquoi faire un article? Tout d’abord pour parler de son génie artistique et parce que je ne peux me lasser de regarder ses créations. Le plaisir des yeux, à savourer…

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Paul Poiret (1879-1944) fit son apprentissage dans l’atelier de Jacques Doucet dès 1899, puis en 1901 il rejoignit le couturier Worth où il était chargé d’un rayon de robes de jour et de tailleurs. Il a donc reçu une formation par les grands noms de l’époque. Mais aspirant à créer ses propres collections, il fonde dès septembre 1903 sa propre maison de couture.

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Paul Poiret est un amoureux des femmes, de la vie, de la fête et des lignes harmonieuses. Au moment où il commence à proposer ses modèles, les femmes portent le corset droit devant qui crée une silhouette sinueuse. Il déteste le corset. Il va donc dès le début de son travail bannir cet accessoire et créer véritablement à la femme une nouvelle ligne.

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

En 1906 il présente une série de modèles sans corset où la taille est remontée sous la poitrine. Il s’inspire de la mode Directoire pour ses collections. La taille haute de ses créations est marquée par une ceinture, intégrée à la robe qui galbe la poitrine. Il n’ajoute pas de volume artificiel à la robe, il la veut longue et étroite pour deviner le mouvement des jambes. Pour amplifier cette idée il utilise principalement des mousselines légères et colorées qui dévoilent plus qu’elles ne cachent l’anatomie.  Paul Poiret modifie profondément la silhouette féminine.

Georges Lepape, Les Choses de Paul Poiret, 1911

Georges Lepape, Les Choses de Paul Poiret, 1911

L’intérieur de la robe est simple, une ceinture haute et baleinée y est intégrée pour soutenir la poitrine. Mais pour certaines femmes le manque de soutien est gênant et inconfortable. C’est ainsi que le soutien-gorge est devenu indispensable et que ce dernier, inventé par Herminie Cadolle dès 1889, put connaître une vogue sans précédent.

Herminie Cadolle, brassière, 1920

Herminie Cadolle, brassière, 1920

Soutien-gorge Papillon, 1925

Soutien-gorge Papillon, 1925

Poiret, dans ses créations, dévoile largement les épaules et le haut du dos, il déplace ainsi le centre de gravité de la taille aux épaules. Il dessine une nouvelle silhouette mais il décide de magnifier une nouvelle zone du corps.

Paul Poiret, Champs Elysées, 1913

Paul Poiret, Théâtre des Champs Elysées, 1913

On résume souvent sa carrière par l’abolition du corset, mais on n’oublie parfois de préciser qu’en libérant le haut du corps, il a entravé la démarche des femmes dans ses fourreaux. Selon lui il était parvenu à un miracle en délivrant la femme du corset, il ne prêtait donc pas attention aux critiques:

« Oui je libérais le buste, mais j’entravais les jambes [...]. Les femmes se plaignaient de ne plus pouvoir marcher, ni monter en voiture. Toutes leurs jérémiades plaidaient en faveur de mon innovation »1

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, 1908

Poiret a révolutionné le monde de la mode en laissant deviner la silhouette féminine. Néanmoins il ne laisse pas la femme totalement libre de ses mouvements, puisqu’il lui crée une nouvelle gêne. Il a été un couturier de génie mais contrairement à Mariano Fortuny il ne s’est pas préoccupé de l’anatomie générale du corps féminin.

Paul Poiret, Manteau, 1919

Paul Poiret, Manteau, 1919

1 In Galahead P., « Poiret le magnifique » ,  in Réalités, avril 1974.

7 réponses à “Paul Poiret”

  1. Mademoiselle M. dit :

    Je ne me lasse pas de ces jolies créations non plus! Le dernier manteau est sublime! Je me vois très bien dedans!

    Merci pour ces illustrations!

  2. Tiphaine dit :

    Moi non plus je ne m’en lasse pas:)
    Il y a eu entre mai et août 2007 une exposition sur Paul Poiret à New-York au Metropolitain Museum of Art, j’aurais tellement aimé y être :)
    Poiret: King of Fashion

  3. Mélanpyge dit :

    Vous parlez du « génie artistique » de Paul Poiret. Pensez-vous que le travail des couturier (certains au moins) est artistique?

  4. Tiphaine dit :

    Bonjour,
    C’est une question épineuse qui fait débat.
    Oui je pense que certains couturiers ont une approche artistique de leur travail. Ils modèlent le corps pour le révéler, le sublimer. Mariano Fortuny, par exemple, était un artiste à part entière. Tout d’abord dans la conception des couleurs de la soie, mais surtout dans la volonté de libérer la femme de ses mouvements. Ayant fait des études d’art, il percevait le corps comme un peintre, un sculpteur, en ayant une connaissance approfondie des membres. Il réfléchissait à la manière de sublimer la femme, et sa robe Delphos est une œuvre artistique à part entière.
    Je vous retourne la question…

  5. sabrina dit :

    voces poderiam fazer um versao em portugues né??
    achei legal, mas meu frances nao é fluente! rs

  6. Tiphaine dit :

    Bom-dia Sabrina,

    Pesarosa, eu no fala português. But I hope you understood somme part of the text.
    Thank you for writing a comment. See you.

  7. christine Even dit :

    la femme Paul Poiret est vraiment sublimée tant par les couleurs que par les matières et les formes .
    Quelle maîtrise dans l’art d’habiller un corps féminin !

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