Sous l’Empire des crinolines
Bonjour,
Au début de mon blog je vous avez parlé de l’expo tant attendue sur les crinolines au Musée Galliera, et bien ça y est j’y suis allée la semaine dernière accompagnée de ma sœur et je peux vous dire que l’on a étudié sous tous les angles ces robes d’envergure!
Déjà les salles d’exposition à Galliera sont en parfaite harmonie avec le thème présenté, entre le sol à mosaïques noires et blanches et les plafonds peints, les robes retrouvent leur décor.
En arrivant dans le hall, un mannequin, vêtu d’une robe à crinoline reconstituée pour l’occasion, nous contemple de son piédestal et nous invite à rentrer dans l’univers éblouissant du Second Empire.

la crinoline l'accessoire indipensable au Second Empire
L’exposition est organisée en trois temps: le temps du bal et des réceptions, la vie moderne et Paris capitale du luxe. La première salle reconstitue l’ambiance d’une salle de bal, avec des lambris rouge et noirs sur les murs, agrémentés de tableaux de l’époque. Dès l’entrée l’on entend la musique qui nous plonge dans cette ambiance raffinée et luxueuse. Au centre de la pièce une vitrine est installée où trônent des robes de bal plus belles les unes que les autres. Le thème des réceptions est important car c’est sous le Second Empire que la vie mondaine reprend. La crinoline est l’accessoire caractéristique des tenues féminines tout au long du Second Empire, ou pour être plus précise de 1845 à 1869. La crinoline était déjà à la mode avant le règne de Napoléon III, et l’impératrice Eugénie a été une fervente utilisatrice de cet accessoire.

Robe "péplum", 1866
On peut caractériser le style du Second Empire par un double mouvement, à la fois raffiné et tapageur. La plupart des tenues présentées dans cette salle ont un coloris pastel, rose, lilas, crème, bleu ciel. Seule une tenue rouge et noir donne un ton un peu plus tape-à-l’œil à l’ensemble. Ce qui est intéressant dans cette première salle, outre les robes, c’est de découvrir les multiples accessoires que ces « fashions » du XIXème siècle possédaient! À cette époque le bal était soumis à de nombreux codes et bienséances qui ont disparus, par exemple la jeune-fille ou le femme tenait un carnet de bal où elle notait les noms des messieurs qui lui avaient réservé une danse. Dans l’exposition on voit des inventions subtiles tel que l’éventail miniature-carnet de bal. Ce type d’objet était muni d’un anneau de suspension et d’une chaînette, la femme le portait à son doigt et était libre de ses mouvements. On découvre beaucoup d’objets de ce genre dans l’expo et ces dames du Second Empire étaient d’un raffinement à nous faire pâlir d’envie!

éventail-carnet de bal, avec stylet et chaînette, 1860
Les codes établis indiquaient que la femme de haut rang se changeait plusieurs fois par jour, elle possédait des tenues de jours, des tenues du soir, des tenues de bal, etc. Pour être la plus efficace possible, les couturiers créaient des corsage de jour et des corsages de bal assortis à la jupe qui elle ne changeait pas. Ainsi le corsage de jour n’était pas décolleté et possédait la plupart du temps des manches longues ou de style pagode. Tandis que pour la tenue de bal, le corsage était largement décolleté, à manches courtes ou sans manches, agrémenté de passementeries et de brillants et de dentelles qui sublimaient la gorge féminine. On devrait prendre exemple sur ce modèle, cela nous éviterait des heures devant notre garde-robe!

Corsage de bal à manches courtes, vers 1867
On découvre de nombreux objets, mais il aurait été ludique dans la scénographie de voir certains mannequins tournaient sur eux-mêmes. C’est peut-être un détail, mais puisque l’on entend en fond sonore la musique, un léger mouvement tournoyant n’aurait pas été pour me déplaire.

Les robes de bal, dans la première salle
Mais quittons l’aspect festif de cette salle pour nous plonger dans les progrès industriels de cette époque. Dans le second thème on fait allusion à la révolution industrielle et ses répercussions dans le monde moderne. Les progrès en chimie notamment les colorants de synthèse, conduisent à élargir la gamme des coloris, on découvre avec ravissement dans cette longue salle des mannequins portant des robes violettes ou d’un vert vif. La révolution industrielle porte ses fruits et les crinolines sont fabriquées à présent avec des cercles métalliques et non plus en os de baleine. De plus l’ouverture des grands magasins à Paris à partir de 1860 permet à une classe moyenne de porter des accessoires à la mode et à un prix moins élevé: on ne vend pas moins de 5 millions de crinolines en France en 1860! On peut d’ailleurs découvrir une crinoline ronde dans l’une des vitrines.

Jupe-cage Thomson, vers 1862
Elle a eu diverses formes au cours de son règne: d’abord ronde, puis plate devant et enfin projetée à l’arrière. Il y a d’ailleurs un coins pour les enfants où l’on peut essayer une petite crinoline en tissu et élastiquée à la taille. Quand j’ai vu ça je me suis précipitée pour l’essayer et hop petite photo preuve! C’est assez drôle de faire l’expérience, et la démarche est totalement changée. Je suis sûre que pour danser on a directement le rythme en se balançant avec!

Hop j'enfile une crinoline!
Cette seconde salle offre beaucoup de tenues à admirer: que ce soit pour la période estivale ou les tenues de jour. Il est fait allusion aux débuts des bains de mer avec la présentation d’un costume de bain. L’exposition présente les nombreux accessoires composant la toilette de ces dames. Il est très peu fait mention des dessous des ces dames, il y a une brève allusion sur la métamorphose du corps et de la silhouette. Je m’attendais à ce qu’il y ait davantage d’explications.

Robes estivales
Quant au dernier thème sur Paris, capitale du luxe elle est rapidement évoquée par des bijoux somptueux, une robe crinoline magnifique mais je trouve que la décomposition des thèmes n’est pas proportionnée.
C’est une splendide exposition dans le choix des robes et des accessoires présentés, néanmoins les explications ne sont pas aussi poussées que je l’attendais. Un petit regret, celui de ne pas exposer davantage de crinolines en tant qu’accessoire et de corsets. L’aspect caricatural est évoqué par des lithographies d’Honoré Daumier mais je trouve qu’elles ne sont pas assez mises en valeur. Sinon c’est un moment magique pour faire un bond dans le temps et revivre les fastes du Second Empire.

Robe de jour, le ruché simule un boléro
Merci à Gwenaël et à Hervé pour les photos
Petit rappel, l’exposition « Sous l’Empire des crinolines » se tient au Musée Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie, jusqu’au 26 avril 2009. Métro Iéna. Ouvert du mardi au samedi de 10H à 18H.


6 février 2009 à 15:21
Passionnée par les crinolines est-il possible de recevoir le livres sous l’empire des crinolines , où le trouve ton et à quel prix?
6 février 2009 à 15:55
Bonjour,
Le livre coûte 39euros, on peut le trouver dans toutes les bonnes librairies où il y a un rayon Art. Personnellement je l’ai trouvé à la librairie du Musée du Louvre. Tu peux regarder sur le site internet de la fnac, il est même moins cher
http://recherche.fnac.com/search/quick.do?text=sous+l%27empire+des+crinolines&category=book&bl=HGLIrera&submitbtn=Ok
Bonne recherche
22 juin 2009 à 20:28
recherche stylet napoleon 3
23 juin 2009 à 9:33
Bonjour tout d’abord.
Si c’est le stylet que vous recherchez, il est présent sur la photo, à côté de l’éventail-carnet de bal.
Sinon il est possible de construire une phrase plus pertinente pour que je puisse comprendre le but de la question…
Cordialement
26 juin 2009 à 20:17
bonjour , un stylet pour moi c est un couteau ,cdmt
28 décembre 2009 à 14:18
Je vous l’ai déjà dit tout à l’heure cette exposition a été pour moi plus qu’un ravissement: un vrai bonheur.Un seul regret pour ma part :l’absence titn’y avait aucune « grenadine » d’exposée et si je l’avaIs su j’aurais volontiers prêté toutes celles que je possède pour agrémenter ces robes !
28 décembre 2009 à 14:26
rectificatif de phrase: »…l’absence totale d’un accessoire cher à notre Impératrice Espagnole à qui on le doit et qui l’a mis à la mode (du moins à Marseille),puisque c’est par là que ces merveilleux châles de soie transitaient en arrivant en france:Il n’y avait aucune Grenadine exposée… »
30 décembre 2009 à 13:58
C’est vrai qu’il est dommage qu’il n’y ait pas eu ce type d’accessoire. Néanmoins l’exposition était magnifique. Maintenant il va falloir attendre le printemps 2011 pour retrouver les magnifiques expo du Musée Galliera.
14 juin 2010 à 10:56
Bonjour,
je découvre votre site et je voudrais dire à Renée Savournin que je suis d’accord avec elle sur le manque de grenadines exposées.
D’autre part si vous êtes dans le midi de la France, notre association réalise les 19 et 20 juin à Langlade dans le Gard, une modeste exposition nommée « D’un empire à l’autre » sur le thème essentiellement des châles (cachemire, grenadine et chantilly) et qu’il y aura une quinzaine de grenadine exposées.